Hamas réaffirme son emprise à Gaza après la trêve : un tournant décisif pour l’avenir du territoire
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    Hamas réaffirme son emprise à Gaza après la trêve : un tournant décisif pour l’avenir du territoire

    Une trêve fragile qui redessine le paysage politiqueLa trêve annoncée début octobre a ouvert une parenthèse que beaucoup espéraient porteuse d’espoir....
    16 novembre 2025
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    Une trêve fragile qui redessine le paysage politique

    La trêve annoncée début octobre a ouvert une parenthèse que beaucoup espéraient porteuse d’espoir. Pourtant, sur le terrain, l’après-guerre a pris une tournure bien différente.

    À Gaza, le Hamas a entrepris de réinstaller silencieusement mais fermement son autorité, malgré les négociations en cours autour d’un futur modèle de gouvernance.

    Dans un territoire meurtri par des mois de combats, les habitants espéraient une transition vers un pouvoir plus neutre, plus technocratique, capable de gérer la reconstruction sans pressions politiques. Mais la dynamique s’oriente plutôt vers un retour progressif — mais très réel — du Hamas comme acteur central, non seulement militaire, mais administratif et économique.

    Ce phénomène n’est pas anodin : il s’inscrit dans une stratégie assumée visant à occuper le vide laissé par l’effondrement institutionnel. Là où d’autres forces politiques tardent à se reconstruire, le mouvement islamiste se glisse sans difficulté pour reprendre les leviers essentiels.

    Contrôle économique : un retour à l’autorité

    L’économie de Gaza, largement fragilisée, est devenue un champ d’influence où chaque acteur tente de conserver ou d’obtenir une part de contrôle.

    Le Hamas, conscient de l’importance de cette dimension, a repris la main sur les flux de marchandises, la régulation des prix et certaines taxes informelles appliquées aux commerçants.

    Ce retour n’est pas brutal, mais progressif : inspections dans les entrepôts, surveillance des marchandises entrantes, directives sur certains produits essentiels.

    Pour de nombreux commerçants, cela signifie « retour à la normalité » — une normalité faite de contrôle, mais aussi d’un sentiment de stabilité minimal.

    La population, quant à elle, oscille entre soulagement et inquiétude :

    • soulagement car un ordre revient ;
    • inquiétude car cet ordre est celui d’un groupe armé, dans un contexte où l’espace civil tend à se réduire.

    Sécurité intérieure : une réaffirmation de force

    Au-delà de l’économie, le Hamas reprend aussi la main sur l’appareil sécuritaire.

    Dans un territoire où la guerre a laissé émerger des groupes irréguliers, milices locales, clans armés et réseaux opportunistes, la bataille pour le contrôle interne est déterminante.

    Des opérations discrètes mais régulières ont été menées pour arrêter certains individus jugés « dangereux » pour la stabilité interne, notamment dans les zones les plus touchées par les combats.

    Pour le Hamas, il s’agit d’une démonstration de force :

    • reconquérir le terrain,
    • réduire les acteurs concurrents,
    • s’imposer comme unique autorité légitime.

    Cette stratégie s’accompagne d’une communication calibrée mettant en avant l’idée d’« empêcher le chaos ».

    Pourtant, pour certains habitants, ce discours masque une réalité moins confortable : un retour à un système où contestation et pluralisme n’ont guère leur place.

    Reconstruction : quels scénarios possibles ?

    L’un des enjeux les plus sensibles concerne la reconstruction de Gaza.

    Immeubles détruits, infrastructures en ruines, routes impraticables, hôpitaux débordés… le territoire a plus que jamais besoin d’un plan massif et coordonné.

    Mais pour que les financements internationaux affluent, il faut une gouvernance claire et acceptée par les bailleurs.

    Or la reprise du contrôle par le Hamas place la communauté internationale face à un dilemme :

    • financer quand même, au risque de légitimer indirectement le mouvement ;
    • ou suspendre l’aide, au risque d’aggraver la crise humanitaire.

    Dans cette incertitude, la vie quotidienne reste entravée :

    • approvisionnement en eau limité,
    • électricité instable,
    • logements rares,
    • dépendance à l’aide humanitaire.

    La reconstruction devient alors non seulement un chantier matériel, mais un outil d’influence politique : celui qui reconstruira Gaza pourra prétendre en diriger l’avenir.

    Les habitants : entre résilience et fatigue

    Au cœur de ces enjeux géopolitiques se trouvent les habitants, qui aujourd’hui encore doivent composer avec :

    • la perte,
    • la survie,
    • la bureaucratie informelle,
    • les restrictions,
    • la peur d’un nouveau cycle de violences.

    Le retour du Hamas, pour une partie de la population, est perçu comme une source de stabilité minimale dans un environnement chaotique.

    Pour d’autres, c’est le signe inquiétant d’une absence d’alternative politique.

    Les organisations civiles, quant à elles, tentent de maintenir un espace neutre : soutien psychologique, distribution alimentaire, programmes éducatifs temporaires. Leur travail est vital, mais rendu difficile par le contrôle territorial strict.

    Conséquences régionales : un équilibre toujours fragile

    Ce qui se joue à Gaza dépasse largement les frontières du territoire.

    La position du Hamas influence :

    • les relations avec Israël,
    • les médiations menées par l’Égypte,
    • les prises de position du Qatar,
    • la stratégie des États-Unis et de l’Union européenne dans la zone,
    • l’évolution de la cause palestinienne dans son ensemble.

    Une réinstallation durable du Hamas dans l’administration rendra tout processus de paix plus complexe.

    Mais elle nourrit aussi, paradoxalement, des négociations en coulisses : chaque acteur cherche à savoir jusqu’où le mouvement compte aller, et avec quels alliés.

    Vers quel avenir ?

    La situation actuelle peut mener à trois grandes voies :

    ► 1. Consolidation durable du Hamas

    Le mouvement pourrait s’installer fermement au pouvoir, assumant pleinement son rôle administratif et sécuritaire, s’appuyant sur la reconstruction pour renforcer sa légitimité.

    ► 2. Pression internationale et négociations forcées

    Si les bailleurs conditionnent leur aide à une gouvernance pluraliste, cela pourrait forcer une redistribution du pouvoir.

    ► 3. Instabilité continue

    Sans accord clair, Gaza pourrait rester dans une zone grise : contrôlée, mais fragile ; reconstruite partiellement, mais sans vision globale.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le Hamas reprend progressivement les commandes de Gaza après la trêve.
    • Le contrôle économique, sécuritaire et administratif se durcit.
    • La reconstruction est un enjeu central, mais dépend des relations internationales.
    • La population reste partagée entre besoin d’ordre et crainte d’un retour au statu quo.
    • L’avenir du territoire aura des répercussions régionales majeures.

    Source

    Analyse basée sur l’article de Reuters :

    https://www.reuters.com/world/middle-east/hamas-quietly-reasserts-control-gaza-post-war-talks-grind-2025-11-14/

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