Heures creuses : pourquoi et comment tout change en 2025 pour les foyers français
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    Heures creuses : pourquoi et comment tout change en 2025 pour les foyers français

    La fin du mythe des heures creuses à 22 hPendant des décennies, le réflexe était ancré : laver, chauffer, cuisiner après 22 h, c’était « moins cher »....
    11 novembre 2025
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    La fin du mythe des heures creuses à 22 h

    Pendant des décennies, le réflexe était ancré : laver, chauffer, cuisiner après 22 h, c’était « moins cher ».

    Les heures creuses, ce dispositif tarifaire mis en place par EDF dans les années 1970, permettaient aux Français de bénéficier de prix réduits de l’électricité pendant huit heures par jour, souvent la nuit.

    Mais depuis quelques mois, une petite révolution se prépare.

    À l’heure où les compteurs Linky couvrent 95 % du territoire et où la production d’énergie devient plus intermittente (éolien, solaire), les heures creuses changent de visage.

    En novembre 2025, plusieurs fournisseurs – dont EDF, TotalEnergies et Octopus – testent de nouveaux créneaux variables.

    Objectif : récompenser la flexibilité des consommateurs, mais aussi rééquilibrer le réseau électrique à l’ère des énergies renouvelables.

    Pourquoi le système des heures creuses doit évoluer

    Un modèle conçu pour le nucléaire

    À l’origine, les heures creuses ont été pensées pour accompagner la production nucléaire.

    Les centrales, incapables de ralentir leur cadence la nuit, produisaient un surplus d’électricité que l’on incitait les foyers à consommer à bas prix.

    Le tarif « Heures Pleines / Heures Creuses » (HP/HC) fonctionnait alors comme un outil d’équilibrage du réseau, tout en aidant les ménages à réduire leur facture d’électricité.

    Mais ce modèle ne colle plus à la réalité énergétique d’aujourd’hui :

    • La part du nucléaire a reculé, même si elle reste majoritaire.
    • Les énergies renouvelables (solaire, éolien) ont pris le relais, produisant selon les conditions climatiques.
    • La demande en journée augmente, notamment avec le télétravail et les voitures électriques.

    Résultat : le schéma fixe « 22 h – 6 h » ne reflète plus les vrais moments de tension ou de surplus sur le réseau.

    Un réseau sous pression, des prix en mutation

    Selon RTE (Réseau de transport d’électricité), la consommation française varie aujourd’hui davantage selon les saisons et les comportements que selon l’heure.

    Les pics de demande ne surviennent plus systématiquement à 19 h, mais au gré des usages numériques, du chauffage électrique ou des recharges de véhicules.

    De plus, avec l’ouverture du marché, chaque fournisseur définit désormais ses propres plages d’heures creuses.

    Certaines entreprises expérimentent même des tarifs dynamiques indexés sur le prix de gros de l’électricité heure par heure.

    « Les heures creuses d’hier étaient figées, celles de demain seront intelligentes », résume Marion Leblanc, ingénieure énergie chez RTE.
    « L’enjeu n’est plus seulement de consommer la nuit, mais de consommer quand le réseau le permet. »

    Ce qui change concrètement en 2025

    1. Des créneaux qui ne seront plus forcément nocturnes

    Le changement le plus visible concerne la flexibilité horaire.

    En 2025, plusieurs opérateurs testent des heures creuses en journée, notamment entre 12 h et 16 h, lorsque la production solaire est maximale.

    EDF et TotalEnergies ont lancé des pilotes dans une dizaine de départements :

    • en Bretagne, dans les Pays de la Loire et en Occitanie,
    • où les habitants peuvent bénéficier de tarifs réduits en milieu de journée, plutôt qu’à minuit.

    Ces créneaux évolueront selon la météo et la production renouvelable locale, grâce aux données en temps réel du compteur Linky.

    Exemple :
    Un jour ensoleillé, le tarif bas s’appliquera de 12 h à 15 h.
    Un jour venteux, il pourra se déplacer à la soirée.

    2. Une tarification dynamique et personnalisée

    Les fournisseurs d’électricité misent désormais sur des offres à tarification dynamique :

    le prix du kWh peut changer toutes les heures, en fonction du marché européen.

    Ce système, appelé “Real Time Pricing”, permet à ceux qui adaptent leur consommation (recharge voiture, chauffage, lave-linge) de réduire leur facture de 10 à 25 %.

    Mais il nécessite un certain niveau d’équipement :

    • compteur Linky activé,
    • application mobile de suivi,
    • parfois des appareils connectés capables de se déclencher automatiquement pendant les heures creuses.

    3. Fin des heures creuses automatiques pour tous

    Jusqu’ici, le tarif HP/HC était accessible à la majorité des abonnés EDF sans condition.

    Désormais, certains fournisseurs suppriment cette option par défaut ou la réservent à des profils spécifiques (ménages équipés de ballon d’eau chaude, véhicules électriques, etc.).

    Cela signifie que certains foyers perdront leurs heures creuses traditionnelles, remplacées par des tarifs plus simples, mais plus stables.

    Les avantages (et les pièges) de cette nouvelle ère

    Les avantages

    Des économies plus réelles pour les consommateurs actifs

    Grâce à la tarification dynamique, les foyers capables de décaler leur consommation peuvent économiser jusqu’à 200 € par an.

    Un réseau électrique plus équilibré

    En incitant les gens à consommer quand l’énergie est abondante, on réduit les risques de coupures et on limite le recours aux centrales fossiles.

    Un levier écologique concret

    Consommer pendant les heures solaires ou venteuses permet d’utiliser directement l’électricité renouvelable produite localement.

    Les inconvénients

    ⚠️ Une complexité accrue

    Les créneaux ne sont plus fixes, ce qui peut désorienter certains foyers, notamment les personnes âgées ou peu connectées.

    ⚠️ Un risque d’inégalités

    Les foyers disposant de domotique ou de véhicules électriques seront les principaux gagnants. Les autres risquent de payer plus cher s’ils ne s’adaptent pas.

    ⚠️ Une dépendance au numérique

    Tout repose sur le compteur Linky, les applications de suivi, les notifications push… Ce modèle exclut encore ceux qui n’ont pas l’équipement ou l’habitude.

    Comment adapter ses habitudes dès maintenant

    1. Vérifier son contrat actuel

    Avant tout, rendez-vous sur votre espace client EDF ou fournisseur alternatif.

    • Regardez si vous êtes encore en tarif HP/HC fixe.
    • Comparez avec les nouvelles offres dites “indexées” ou “flexibles”.
    • Certaines plateformes comme Hello Watt ou Selectra proposent des simulateurs gratuits.

    2. Utiliser le compteur Linky à son avantage

    Le compteur intelligent est la clé de cette transition.

    Il permet :

    • de suivre sa consommation heure par heure,
    • d’identifier les appareils les plus énergivores,
    • d’activer la recharge ou le chauffage pendant les heures à bas coût.
    Astuce : l’application EDF & Moi ou Enedis à mes côtés envoie désormais une notification quand les heures creuses changent.

    3. Programmer ses appareils

    Les lave-linge, chauffe-eau et radiateurs connectés peuvent être pilotés automatiquement selon les heures creuses du jour.

    Les modèles récents détectent même les variations de tarif via Linky.

    Exemple concret :

    • Votre ballon d’eau chaude ne se déclenche plus à 3 h du matin, mais à 13 h un jour ensoleillé.
    • Résultat : même confort, mais consommation plus verte et moins chère.

    4. Recharger sa voiture électrique intelligemment

    Les conducteurs de véhicules électriques sont les grands bénéficiaires de cette évolution.

    Les bornes connectées permettent une recharge différée selon les prix du marché.

    EDF, Tesla ou Zeplug proposent des solutions où le véhicule se charge uniquement pendant les heures à tarif bas.

    Sur un an, cela représente jusqu’à 300 € d’économies pour un conducteur moyen.

    Ce que disent les experts

    “Le vrai enjeu, c’est la flexibilité. On ne veut plus forcer les gens à consommer la nuit, mais leur donner les bons signaux au bon moment.”
    Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE
    “Les foyers français peuvent devenir des acteurs de la transition énergétique. Le compteur Linky est un outil, pas un flic.”
    Barbara Pompili, ex-ministre de la Transition écologique
    “C’est une évolution logique : plus il y a de renouvelables, plus les heures creuses doivent coller à leur production.”
    Julien Tchernia, PDG d’Ekwateur

    Vers une électricité à la carte

    Le modèle de demain ressemble davantage à une électricité sur mesure, où chacun consomme selon ses besoins, son rythme et ses moyens.

    En 2026, la France devrait généraliser le tarif dynamique européen, déjà en place dans plusieurs pays du Nord (Suède, Finlande, Danemark).

    Chaque foyer pourra suivre les prix réels du kWh heure par heure et adapter son comportement.

    Cette approche ouvre la voie à de nouveaux usages :

    • lave-linge ou chauffage “intelligents”, capables d’attendre le bon moment,
    • bornes électriques auto-régulées,
    • et même contrats “verts dynamiques”, garantissant que votre électricité provient uniquement de sources renouvelables à l’instant T.

    Un enjeu collectif autant qu’économique

    Changer le système des heures creuses, ce n’est pas seulement une question de facture :

    c’est une nouvelle manière de penser la consommation énergétique.

    L’électricité devient interactive, et chaque foyer devient un maillon de la stabilité du réseau.

    En consommant au bon moment, on évite d’allumer des centrales au gaz ou au fioul pour compenser les pics de demande.

    En d’autres termes : économiser chez soi, c’est aussi produire moins ailleurs.

    Et demain, à quoi ressembleront les heures creuses ?

    Les experts prévoient une évolution en trois étapes :

    1. 2025 – 2026 : généralisation des offres dynamiques, avec tarifs variables et notifications en temps réel.
    2. 2027 – 2028 : intégration de la domotique et de l’intelligence artificielle dans les foyers pour piloter la consommation.
    3. 2030 : disparition des heures creuses fixes au profit d’un modèle 100 % adaptatif, connecté à la production renouvelable.

    Une révolution silencieuse, mais essentielle, pour aligner notre consommation d’énergie sur le rythme de la planète.

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